À l’étranger: est-ce difficile de vivre loin de ses proches?

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je crois que c’est LA question qui revient le plus souvent lorsque j’explique que je suis Française et que j’habite aux Etats-Unis. Surtout que mon mari est Américain et que j’ai donc déménagé sûrement de manière permanente: « Mais ta famille ne te manque pas trop? », « Comment tu fais pour supporter l’éloignement? » et « Vous arrivez à vous voir souvent? ».  Je ne vais pas le cacher, vivre loin de mes proches, c’est pour moi le challenge le plus difficile à relever de mon émigration. C’était aussi celui que je redoutais le plus avant que je ne quitte la France.

Il y autant d’histoires de familles que d’individus sur Terre. Il est donc évident que mon expérience et mon avis sur la question résonnera plus ou moins en vous. Mais étant donné que mon blog parle de l’expatriation et de la vie à l’étranger, je trouvais important d’aborder ce sujet.

Cela fait des mois que je pense à écrire cet article. C’est un sujet important, qui me tient à coeur, mais je ne savais pas trop comment formuler tout ça. Je voulais me donner le temps de prendre du recul sur la situation pour écrire quelque chose qui sonne juste et exprime bien ce que je ressens. Je voulais montrer la difficulte réelle à vivre loin de ses proches mais sans écrire un article larmoyant qui ne représenterait de toutes façons pas ce que je vis au quotidien. Ça fait maintenant plus d’un an que je vis aux USA et je me sens enfin prête à aborder le sujet.

J’ai des liens très forts avec chacun des membres de ma famille et quelques amis proches que je voyais très régulièrement. Partir loin d’eux n’a pas été une décision facile à prendre du tout, mais je sentais au fond de moi que mon avenir était ailleurs. Cela faisait cinq ans que mon chéri et moi entretenions une relation longue distance. Notre couple ayant été solide dès le départ, j’ai rapidement su que je partirai le rejoindre un jour. J’avais hâte et j’avais peur.  J’ai commencé à parler de mon départ plusieurs années avant que cela ne devienne une réalité. Cela ne rend pas forcément les choses plus faciles mais au moins, mes proches s’y attendait et s’y était un peu préparés. Et moi aussi. C’est peut-être cette phase de prise de décision qui a été la plus difficile pour moi. Je me posais beaucoup de questions et j’avais un peu l’impression d’être à deux doigts de sauter dans le vide: vais-je vraiment oser le faire?

Je dirai ensuite que les premières semaines de mon expatriation ont été relativement faciles à vivre. Ma décision était prise, je n’avais plus qu’à aller de l’avant. Mon chéri et moi nous sommes enfin installés ensemble, et nous nous sommes mariés trois mois après mon arrivée, comme l’exigeait mon visa. Entre l’excitation du changement de vie, la folie des préparatifs du mariage et la joie de revoir mes proches pour le grand jour, je n’ai pas eu le temps de vraiment ressentir le manque.

C’est après, une fois le tourbillon des premiers mois passée que j’ai pleinement pris conscience que ma nouvelle vie était ici. Je n’étais pas encore très bien installée professionnellement et je ne connaissais pas grand monde donc mon cercle social était restreint. C’est peut-être pendant cette période que l’éloignement de mes proches s’est fait le plus ressentir. Ça n’a jamais été insurmontable au point de vouloir tout plaquer et rentrer en France mais disons qu’il y a quelques journées où j’étais d’humeur un peu maussade. J’ai la chance d’avoir un mari attentionné qui m’a toujours réconfortée: une sortie au restaurant, un plateau-télé devant un film ou juste un câlin, il sait toujours comment me remonter le moral.

Whatsapp, Skype et Viber sont aussi devenues mes applis chouchous. Il ne se passe pas une journée sans que je textote ou que j’appelle ma famille et certains de mes plus proches amis. On s’envoie des petites photos, on se donne des nouvelles. C’est facile et rapide.

Au bout d’un an, je peux vous confier en toute sincérité que j’adore ma nouvelle vie aux USA. J’ai mille projets en tête et je me sens épanouie ici. C’est un pays immense, à la culture riche et aux paysages magnifiques dont je ne me lasse pas. Attention, tout n’est pas rose, loin de là, mais je m’y sens bien et il serait maintenant difficile pour moi de devoir me projeter ailleurs. Je me suis recréé une routine, ici, aux Etats-Unis. Et je m’habitue à être éloignée d’une partie de mes proches et à trouver du réconfort dans un texto ou un coup de fil. Je fais exprès de préciser « d’une partie » parce qu’au bout d’un an, si on fait un peu d’efforts et qu’on ne reste pas renfermé sur soi-même, d’autres personnes deviennent des proches. Cela ne veut surtout pas dire que l’on oublie ceux qui sont encore en France, bien au contraire, mais que notre cercle social s’agrandit. On ne sent pas seul. Et c’est primordial, je crois, pour bien vivre son installation à l’étranger.

Au quotidien, je pense à mes proches de France tous les jours, évidemment. Je sais que je me suis éloignée géographiquement mais j’ai l’impression que nos liens sont toujours aussi forts émotionnellement. La distance n’est pas une souffrance quotidienne pour moi, et heureusement. Il y a des personnes avec qui je suis moins en contact qu’avant, c’est vrai, mais je ne suis pas sûre que ce soit mon départ à l’étranger qui en soit forcément responsable. Je crois que c’est simplement la vie qui veut ça.

Les vrais moments ou je ressens l’éloignement sont lors des événements importants auxquels je ne suis pas présente: le mariage de ma cousine, l’anniversaire de mon frère, la fête des pères et la fête des mères. Mais je crois que c’est pareil pour tous ceux qui vivent à l’étranger. Et puis de temps en temps, on fait le déplacement et on arrive à être là! Et ces moments-là sont précieux!

J’ai deux pays, deux chez moi, et beaucoup de personnes à qui je tiens, des deux côtés de l’Atlantique.  On pourrait penser qu’où que j’aille, il y aura forcément des gens qui me manqueront mais je préfère me dire qu’au contraire, dans tous les cas, je suis bien entourée.

Et vous qui habitez à l’étranger, comment vivez-vous le fait d’être loin de vos proches? Si vous envisagez de vous installer à l’étranger, est-ce quelque chose que vous appréhendez? Merci pour vos témoignages!

– Marion

P.S.: Si ce sujet vous intéresse, j’en profite pour vous encourager à aller lire l’article de Fafa, expat au Congo et à découvrir son blog au passage. En plus d’être magnifique, elle a un vrai talent d’écriture. Il y a aussi le très bon article de Pomdepin, qui habite en Angleterre, et dont je lis tous les écrits.

41 Commentaires

  • Salut,
    Je suis un homme et je vis à Sydney depuis quatre ans. Je suis un habitué à l’expatriation depuis l âge de 27 ans.
    J ai grandi à Paris jusqu’à mes 17 ans. Puis j’ai habité au Liban pendant 10 ans avant de partir travailler dans quatre différents pays d’Afrique de l ouest.
    Mais cette fois ci, Vivant en Australie, je me sens tellement seul. Ma femme est australienne, j ai une fille de trois ans.
    Je n’ai pas troublée de boulot depuis mon arrivée. Je me débrouille pour faire des petits jobs alors que j avais des postes clefs en Afrique.
    J ai pris la décision de tout plaquer et de venir ici suite à ma belle famille qui ne voulait absolument pas que leur fille vive en Afrique pour diverses raisons.
    J ai fais le choix de venir ici et je le regrette beaucoup. Heureusement que j ai ma fille et ma femme à mes côtés qui m apportent beaucoup de réconfort. Mais cet éloignement me bouffe !!!!!
    Avec une fille de trois ans qui connaît à peine ma mère et mes deux sœurs. Sans travail.
    Je compte m’inscrire à un MAster dans quelques Elaine’s pour remonter la pente professionnellement.
    J ai 41 ans aujourd’hui, je n ai pas réussi à demarrer à Sydney. Et j ai l impression que c est la fin. Bloqué au fond fin du monde. La vie est très chère ici. Les billets n en parlons même pas. Le lycée français pour ma fille nous coûte une fortune.
    Je ne sais plus quoi faire vraiment. Je fais du yoga, j ai nage un marathon en plein ocean dimanche dernier. Je n’arrête pas de me ‘challenger’. Mais c est une bataille perdue d avance. En tout cas c est l impression que j ai.
    J ai tellement envie de transmettre à ma fille mes racines libanaises et française.
    Merci de m avoir lU

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  • Ton article est très rassurant . Je pars bientôt pour les USA rejoindre mon fiancé avec notre fils et cest vrais que j’appréhende beaucoup car je vais laisser ma mère mon petit frère enfin tout mes proche et cest très dur d’autant plus que jai accouché ici et que jai pris beaucoup de repères avec mon fils et sa grand mère je me sens aimé et choyée biensur jaime mon fiancé il est claire que ma vie est avec lui et que mon fils doit grandir au près de son père qui est impatient de le retrouve! je suis heureuse exité jai hate aussi en même temp je suis stressé triste a lidée de les quitter cest telement loin!! Houston n’est pas la porte a côté!! Je me dis que cest normal de partir faire ma vie car maintenant on est une famille avec mon mari et mon fils. J’avoue que cest très dur je suis partagé entre la joie et la culpabilité car oui ma mere nest pas toute jeune et mon frere na que 12 ans je precise que jai 24ans jai limpression aussi de les abandonnées ce qui nest absolument pas le cas si ont avaient le choix ont vivraient ici avec mon fiancé mais son travail est la ba. Mais jessaye de positiver et me dire que jaime mon mari jai autan besoin de lui qu’il a besoin de moi et que j’essayerai de revoir ma famille le plus possible. Meme si il ya les appels skype et tout sa ne remplace pas leur présence! J’espère ne pas etre trop dépaysé et que je trouverai vite des repère.

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  • Bonjour,

    Je me sens un peu gauche, je n’ai moi-même pas de blog, j’en lis rarement et je n’ai pas l’habitude de tout cela… Mais ce matin, après une soirée remplie de larmes à m’en prendre à la mauvaise personne (mon chéri pour lequel j’ai déménagé en Finlande, et qui fait vraiment du mieux qu’il peut pour m’aider et me réconforter), me voilà à googler « je vis à l’étranger et je pleure ». Après tout ne suis-je pas censée être comblée de bonheur, de vivre dans ce nouveau pays que j’aime, où je me sens bien accueillie, où je me suis fait quelques bons amis, et surtout où je vis un quotidien que j’aime avec la personne qui, je le sens et je le sais, est la bonne?
    J’ai déménagé il y a bientôt deux ans, et le plus dur est censé être derrière. En fait tout le monde a pensé qu’il était difficile de faire le pas. Les premières semaines et mois, dont les gens se sont inquiété le plus, ont au final été plein d’excitation, de « je l’ai fait! », de découvertes, d’apprentissage de la langue… pas si difficile que ça.
    C’est maintenant le plus dur. Je n’ai jamais eu une énorme confiance en moi-même, mais là, je touche un peu le fond. J’ai sans arrêt le sentiment que je peux faire mieux, que j’aurais pu faire mieux, différemment, pour tellement de « petites choses ». Concernant la France, envoyer plus de textos aux proches, voyager plus souvent ou plus longtemps pour les voir, les appeler plus, et concernant ma vie ici, apprendre mieux la langue (alors que j’ai atteint un niveau plus que correct), me démener plus que ça professionnellement (alors que j’ai pourtant des projets solides en route), sociabiliser encore plus, sortir plus, connaître mieux tout, plus, plus, plus… Je me mets beaucoup de pression pour tout, et j’ai sans arrêt la crainte de peiner les parents, la soeur, les neveux, de ne pas être là pour l’anniversaire, d’être loin alors qu’ils sont tous ensemble, et sans arrêt la crainte de peiner et de décevoir mon homme qui rêverait de me voir heureuse. Je n’envisage pas de retour en France, je ne rêve pas ma vie là bas. Je la rêve ici, mais je n’ai pas encore trouvé la bonne balance, pour me sentir en parfait accord avec toute ces petites décisions (voyager de telle date à telle date, prévoir de voir telle et telle personne, appeler ou non la famille ce soir) liées à une plus grosse (je pars vivre à 3000 kilomètres). Ce qui est drôle, c’est que ça fait déjà presque 10 ans que je vis détachée de ma famille. Sauf qu’avant il était facile d’aller les voir pour un week-end. Je culpabilise de me sentir indépendante, de ne pas souhaiter de vivre près d’eux, alors que pourtant, ils me manquent. Je cherche à montrer à tout le monde que je suis là malgré la distance parce que je les aime, mais je me sens déchirée en deux entre ma vie présente et future ici, et le passé, les attaches, des gens que j’aime et qui me manquent, là bas.
    Je ne sais pas encore comment arrêter de m’inquiéter, arrêter de penser que la manière dont je gère les choses n’est pas assez bonne, parce que selon tout le monde je gère très bien, je m’en sors très bien. Ce fameux « je ne m’inquiète pas pour toi, tu y arrives toujours très bien ».
    Il n’a au final, que moi qui ne le vois pas. Que tout va très bien. Je passe mon temps à m’inquiéter pour un rien, à pleurer pour un rien, et à inquiéter mon amoureux alors que je n’ai absolument aucun doute concernant mon amour pour lui et mon envie de rester vivre ici et de construire mon futur avec lui ici. Je m’en prends (à tort) à lui quand il ne trouve plus les mots justes pour me rassurer. Je me repose beaucoup sur lui émotionnelllement parlant, et j’ai hâte de trouver le juste équilibre et le libérer de cette pression inutile.

    Mon témoignage n’a ni queue ni tête, et surtout arrive cent ans après la guerre, mais peut-être sera-t-il utile à quelqu’un, si ce n’est moi-même!

    Dans tous les cas merci de m’avoir fait sentir moins seule dans les difficultés liées à une vie à l’étranger. Je me sens un peu moins extraterrestre.

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  • J ai apprécié de lire tous vos intéressants témoignages, quant à moi, je suis la maman restée en France…mes enfants français mariés sont partis vivre aux USA depuis déjà 4 années, ont eu un petit garçon. Bien sûr j étais enthousiaste pour eux car c est leur vie, bien sûr ils ont fait des études tous les deux, étaient déjà partis quand ils étaient étudiants loin de leur maison respective, mais malgre tout cela et l immense compréhension et ouverture d esprit, c est tellement difficile de vivre sans les voir plus souvent que par Skype, les photos..surtout depuis le petit est né et un autre à venir prochainement. J y vais régulièrement, ça c est une sacrée chance, mais eux ne reviennent pas compte tenu des congés américains, dès qu ils ont un peu de temps, ils le passent dans leur maison ou vont vers des destinations américaines, leur habitation n est pas trop loin des côtes et ils profitent du bord de la mer. Ce qui est le plus difficile c est de vieillir sans eux, j étais très proche de mon fils, nous sommes toujours très heureux de nous parler, mais je sens malgre tout qu’un fossé se creuse petit à petit, et je garde pour moi beaucoup d émotions car quand je les vois, c est pour que tout soit joyeux et je dédramatise car la distance km est grande et je ne souhaite pas les alarmer…mais après très égoïstement quand je serai plus âgée .. comment vivre l éloignement, de plus avec le décalage horaire, on ne peut pas s’appeler comme je le souhaiterais…pas simple à gérer pour une maman. Et puis j aimerais tellement les accueillir ici. Mais leur vie est ailleurs et ils se contruisent. Je le sais. J ai aussi beaucoup de réserve par rapport à ma belle fille que j aime beaucoup et qui correspond souvent avec moi par e-mail, mais je ne veux pas être la maman envahissante, je me fais donc discrète pour conserver une bonne relation.
    Voilà je voulais témoigner car vous parler de vous mais vous n aviez pas de témoignages parents.. J ai vraiment apprécié de lire vos expériences, qui m éclairent sur votre ressenti.
    Bien à vous.
    Elisabeth

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    • Merci enormement Elizabeth pour ce message authentique et a coeur ouvert. Cela fait du bien d’avoir le ressenti dun parent qui vit ce genre de situation. On ressent beaucoup d’amour dans votre temoignage et votre volonte de tirer le meilleur de cette situation. Je ne suis pas encore maman mais j’imagine bien que peut importe l’age de ses enfants, il y a des jours ou la distance doit etre pesante. Je suis d’ailleurs persuadee que ma maman aurait pu ecrire les memes mots que vous (elle lit le blog de temps en temps donc je l’embrasse au passage!) 🙂 Je peux vous le dire en tant qu’enfant vivant loin de mes parents aussi, on a des coups de blues aussi de temps en temps meme si on ose pas toujours trop le montrer et c’est tres important de savoir quand vous allez bien et quand ca ne va pas trop meme si ce n’est pas facile a aborder. Merci encore d’avoir pris le temps de partager votre experience Elizabeth, ca m’a fait plaisir de vous lire et je sais que cela aidera aussi d’autres parents qui liront votre temoignage! Bisous a vous et votre petite famille! 🙂 Marion

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      • Bonjour a tous et merci d’avoir partager votre temoignage. J’ai quitte la France a 22 ans pour venir m’installer a Montreal avec un Quebecois rencontre a Toulouse huit mois auparavant. Nous nous aimions beaucoup et nous nous sommes maries civilement un an apres notre rencontre pour que je puisse rester vivre et travailler au Quebec. Trouver un emploi au salaire minimum a ete facile et rapide une fois mes papiers en mains. Je suis arrivee en juin et en novembre, je travaillais. J’avais cependant omis de verifier une information très importante avant de decider de quitter la France : les equivalences pour les diplomes. Je pensais que mon bac francais me permettrait de continuer mes etudes universitaires au Quebec et qu’il serait reconnu comme le Diplome d’etudes collegial requis pour l’entree dans les universites québécoises. En 1987, le ministere des affaires culturelles du Quebec m’a donne un papier reconnaissant un an de cegep (il en faut deux pour completer le Dec). Lorsque je me suis presentee dans un college avec ce papier, on m’a tout simplement dit que je devais tout recommencer ( donc, mon avis de reconnaissance me permettait seulement d’entrer a la case depart du college). Avec les annees et sans doute la pression du gouvernement francais, on peut s’adresser maintenant directement dans les universites avec notre diplome du baccalaureat. Donc, pour les candidats au depart, il faut bien verifier ce que vos diplomes valent a l’arrivee avant de partir. J’ai souvent demenage, change de regions et d’ecole durant mon enfance. Nous n’avons donc pas souvent vu nos cousin(e)s, oncles, tantes et grands-parents et j’envie toujours les familles qui se retrouvent pour Noel, les premiers de l’an, les mariages ou les repas du dimanche. Avant de quitter La France pour Montreal, j’avais un appart (3 chambres, salon et salle a manger) en APL (400 francs par mois a l’epoque) ce genre d’aide au logement n’existe pas au Canada) depuis 2 ans; je travaillais chez Freetime (un genre de MacDonald) pour tenter d’etudier a la fac. J’avais aussi un super boulot paye 50 francs (10$) de l’heure qui consistait a distribuer des prospectus en patins a roulettes. J’allais voir mes parents de temps en temps en Aveyron. Bref, j’etais autonome et j’hebergeais mon copain quebecois qui patinait avec moi. Mon premier emploi au salaire minimum etait paye 4,50$ CAD. Le salaire minimum canadien a toujours etait inferieur au salaire minimum francais. Deja, j’y perdais au change. Ensuite, si j’avais un appart en France, mon salaire minimum canadien ne me permettait pas d’en louer un et aujourd’hui encore le salaire minimum canadien (10,45$ je crois) ne permet pas a une personne d’etre autonome. Nous n’avons droit qu’a deux semaines de vacances par annee et trois apres plusieurs annees dans la meme boite. Peu de temps apres mon arrivee au Quebec, j’ai appris que ma mere etait tres malade. Le fait de ne pas pouvoir continuer mes etudes superieures, la maladie de ma mere, un emploi au salaire minimum ininteressant, une vie sociale restreinte car a batir m’ont rendue depressive. Comme j’etais tres jeune, inexperimentee et isolée ( pas de facebook a l’epoque et les appels internationaux coutaient cher) je ne comprenais pas que j’etais en depression. Si j’avais eu un diagnostique, j’aurais peut-etre pris des medicaments pour m’aider a traverser cette periode. Il ne s’est pas passe un an pendant plusieurs annees sans que je regrette mon depart. Mon mariage n’a pas resiste et j’ai divorce cinq ans apres avoir quitte la France (a suivre …. )

        Je vais m’arreter la pour l’instant et si cela vous interesse, je vous raconterai la suite plus tard.

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  • Bonjour,
    nous partons dans 8 jours pour l’équateur pour une expatriation d’un an.
    En lisant ton article je me retrouve, je ne sais pas comment nous allons gérer l’éloignement avec nos proches, amis….
    et à l’inverse mes proches me font culpabiliser de tout quitter, ne comprennent pas notre decision…
    On se sent un peu pris dans un entre deux, c’est difficile

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    • Bonjour,

      Merci d’etre passe par ici et d’avoir laisse un petit message! 🙂 Les moments « juste avant » ont ete je crois les plus difficiles a vivre pour moi aussi. Mais ils l’ont peut-etre ete meme encore plus pour mes proches! C’est vrai que s’expatrier ca reste encore assez marginal meme si on est de plus en plus nombreux a tenter l’aventure. C’est pas toujours evident de faire comprendre nos choix mais bon, tant pis, c’est comme ca, on s’y fait! 🙂 Je vais prendre plaisir a lire vos prochaines aventures en tous cas! Bisous

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      • oui c’est sur que personne ne comprend, le pire c’est quand on pense que les gens nous comprennent et qu’au final dans notre dos ils disent totalement le contraire…c’est blessant! J’ai beau me dire qu’il faut vivre pour soi et pas pour les autres je peux comprendre aussi que les proches se sentent trahis dans un sens mais hier on a employé le mot « cruel » et je crois que je ne digère pas. Est ce à ce point cruel de quitter sa famille pour 1 an pour vivre une experience inoubliable, devenir bilingue… Enfin, je pense que ces gens n’ont tout simplement pas la même vision de la vie que nous. C’est triste pour l’instant et j’apprehende le jour J à l’aéroport, mais j’espere qu’a la fin ces gens finiront par comprendre notre point de vue. A bientot!! Angélique

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  • Merci beaucoup Marion pour ce beau texte et je me permets de partager aussi mon expérience.

    Cela fait sept mois que je suis arrivée et je me plais beaucoup dans le pays de mon amoureux.
    Mes amies me manque un peu mais je ne le vis pas trop mal car ce sont toutes des amies de très longue date et je pense que cette amitié sera à vie, quoi qu’il arrive, qu’on s’envoie un message par jour ou un par mois. Et puis je compte bien rencontrer le plus de gens possibles ici.

    Par contre, la famille c’est autre chose. Je suis super proche de ma maman et de ma petite sœur qui a 20 ans et j’avoue qu’elles me manquent énormément et que les séparations ont été douloureuses.

    Il y a deux scènes qui m’ont vraiment marquée quand je suis partie en janvier. La veille de mon départ, j’étais chez ma maman à Nancy et en partant prendre mon train pour Paris, j’ai caressé notre chien. Il est souvent malade et commence à se faire vieux et, en lui tapotant la tête, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si c’était la dernière fois que je le caressais… et les larmes sont venues.
    Le lendemain, ma petite sœur m’a accompagnée pour l’aéroport. Pendant deux ans, mon copain et moi avons eu une relation à distance et les séparations étaient à chaque fois ultra-douloureuses. Je pensais que, puisque nous allions nous marier et enfin, ENFIN, vivre ensemble, ce serait la fin des larmes dans les aéroports… et puis, ce jour là, alors que j’étais assise près de ma sœur dans le RER, j’ai compris que non, que ça ne ferait que continuer. Quand j’ai fini par la quitter pour partir pour la Sécurité j’ai pleuré comme une madeleine, peut-être plus que jamais, avec cette sensation de vide et d’arrachement tellement terrible qui suit toutes les séparations… heureusement que j’avais mon amoureux à l’arrivée et ses bras pour me réconforter !

    Donc oui, ce sont les deux personnes vraiment qui me manquent au quotidien, malgré Skype, What’s App et les coups de fil. Heureusement, ma sœur est venue me rendre visite en juin pour deux semaines (son premier voyage aux USA), d’ailleurs, quand je l’ai vu arriver, là encore j’ai bien pleuré, mais de joie cette fois ! J’espère la revoir vite et j’aimerais aussi beaucoup que ma maman vienne mais je sais que le prix du billet et le voyage à faire la stressent un peu.

    Avec la distance, je me fais aussi parfois des films, j’ai peur que quelqu’un que j’aime tombe malade et que je ne sois pas là…

    J’ai fait ma demande de Green Card en février et, même si je me plais beaucoup ici, je prévois de rentrer passer quelques semaines en France dès que je l’obtiens mais l’attente va sûrement être bien longue… je n’ai jamais passé Noël sans elles et c’est vraiment un moment spécial pour nous donc l’idée de ne peut-être pas pouvoir rentrer en décembre est angoissante. Sur les forums d’expat, je lis des témoignages de personnes qui ont du attendre 18 mois pour la recevoir donc ça me fait peur !

    Enfin voilà, témoignage plus long que prévu mais c’est tellement particulier cette sensation, savoir que l’on a fait le bon choix, être heureuse, construire quelque chose de bien tout en traversant parfois ces moments tellement intenses où, tout d’un coup, on donnerait absolument tout pour un mojito avec son amie d’enfance ou, surtout, pour un câlin de sa maman.

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    • Anaïs! Je suis contente d’avoir de tes nouvelles, ma belle! 🙂 Merci d’avoir laissse ce magnifique commentaire. Tu m’as beaucoup emue. J’ai re-vecu a travers ton histoire mes propres au-revoirs et c’est clair que ce n’est pas facile. Je pense surtout que ce qui fait la grande difference, c’est de savoir que pour toi comme pour moi, notre depart est permanent. Ce n’est pas juste pour quelques mois ou quelques annees. Quoi qu’on ne connait pas de quoi l’avenir sera fait mais enfin a priori, on est parti pour rester ici, aux USA. Ca change tout parce que du coup, forcement, on se pose beaucoup plus de questions, sur l’avenir en particulier. Moi aussi, ce qui me stresse le plus, c’est de savoir qu’un membre de ma famille puisse tomber malade ou avoir un accident et que je sois loin. C’est un peu bete mais du coup, je me suis garde de cote une somme d’argent suffisamment importante pour acheter un billet d’avion vers la France en derniere minute. Ca me rassure. Je me dis qu’au pire, si vraiment il y a un souci, j’ai de quoi rentrer et etre la dans les 24 heures. Je te le dis parce que peut-etre que ca te rassurait un peu toi aussi… Tout ca pour dire que je comprends completement ce que tu ressens. D’autant plsu que moi aussi, j’ai un petit frere de 21 ans qui me manque enormement. Ca fait plus d’un an que je ne l’ai pas vu et c’est trop long. J’espere pouvoir le voir plus regulierement a l’avenir. Et moi aussi, je compte rentrer en France a Noel! 🙂 Tu habites dans quelle ville aux USA au passage? Et pour ta green card, dis donc, depuis le mois de fevrier, ma pauvre tu dois en avoir trop marre d’attendre! Mais bon tu devrais plus en avoir pour tres longtemps? Ils t’ont donne quelques nouvelles ou pas? Parce que si je me souviens bien ton I-131 et ton I-765 ont vite ete valides eux? D’ailleurs si tu as ton I-131, tu devrais pourvoir rentrer pour Noel dans tous les cas, non? Merci encore, pleins de bisous! 🙂

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      • Merci Marion pour ta réponse, cela me fait toujours très plaisir de te lire et je me reconnais si souvent dans ce que tu racontes et dans ta manière de voir les choses.

        Oui j’ai eu mon permis de travail et mon autorisation de voyage en seulement deux mois. Techniquement, oui, je peux voyager et je pensais même le faire cet été… et puis j’ai lu quelques mises en garde sur les forums, disant que des complications pouvaient survenir, voire même que l’on pouvait se voir refuser le droit d’entrer à nouveau sur le territoire du coup j’ai pris peur. Si quelque chose de grave arrivait en France, bien sûr, j’irais sur le champ mais sinon je préfère vraiment attendre ma Green Card, pour plus de tranquillité.

        J’ai fait ma demande en février et en juin j’ai reçu un papier me disant que je n’aurai pas d’interview, qu’ils avaient du retard dans les dossiers et que je devais m’attendre à une attente supplémentaire de six mois…ce qui donnerait décembre… mes doigts sont plus que croisés ! Comme toi, j’ai aussi ma cagnotte billet d’avion, c’est une très bonne idée, et si je reçois ma Green Card le 23 décembre, je crois que je serais prête à dépenser 3000 dollars si besoin pour sauter dans un avion pour Noël !

        Si tu as un petit frère de 21 ans, alors tu dois vraiment comprendre ce que je ressens. J’ai douze ans de différence avec ma sœur, je me souviens d’elle bébé et maintenant c’est une magnifique jeune femme, une adulte (!!!) qui a son premier job à Paris, ville où j’ai vécu quinze ans alors qu’elle était encore à Nancy chez ma maman, et profite de la vie et ça me rend triste de manquer cette période tellement riche à ses côtés… enfin, j’espère vraiment qu’elle pourra revenir vite, dans quelques mois ce sera d’ailleurs l’occasion de boire sa première bière aux USA en toute légalité 🙂

        Et pour répondre à ta question, je suis à Pittsburgh, en Pennsylvanie, là où mon mari vit depuis qu’il a commencé à travailler à Carnegie Mellon en 2012. Tu es dans l’état de New York, c’est ça ? Dans le coin d’Albany / New York du coup ou plus vers Buffalo ?

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      • Aww c’est tellement gentil! Moi aussi, je suis toujours contente de voir tes petits commentaires et d’avoir la chance de suivre ton evolution et ton installation! C’est vraiment super et je t’en remercie d’ailleurs! Tu es une belle rencontre! 🙂

        Je te comprends pour l’autorisation de voyage, j’etais un peu reticente a tenter le coup moi aussi. Apres pour le coup des six mois, moi aussi j’avais recu cette lettre et au final, ma GC a ete approuvee un mois plus tard. Te stresse pas trop avec ca parce que j’ai l’impression que plus ou moins tout le monde la recoit. Apres bon, c’est sur que chaque cas est different et peut-etre aussi suivant les periodes, l’attente est plus ou mois longue. J’espere de tout coeur que tu la recevras avant Decembre en tous cas! Tu me tiendras au courant? Je ferai une petite danse de la joie avec toi a distance! 🙂

        Mon petit frere a eu 21 ans au moins de Juin 2014 et on s’est maries en Juillet 2014 donc j’etais contente qu’il puisse au moins boire un verre de champagne avec tout le monde sans avoir a plus ou moins se cacher! Haha! 🙂 Ca va etre super quand elle reviendra te voir, en plus, maintenant tu es bien installee et tout donc tu vas pouvoir lui faire decouvrir pleins de choses! Je ne connais pas Pittsburgh mais je me rends compte que tu n’es pas si loin de chez moi! Je demenage dans deux semaines vers Cortland / Ithaca (je te laisse Googler ca! 😉 ). Enfin, je viens de regarder, y’a quand meme 6 heures de bagnole mais a l’echelle des USA on est voisines! hahah! Bisous bisous

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  • Billet très juste, et aussi très pudique. Les quelques jours « un peu maussades » que tu évoques ont été parfois un peu plus douloureux que ça pour moi (installée à Shanghai depuis un an maintenant), avec le manque de la famille certes mais surtout des amis très proches, même si effectivement ça ne dure pas et que la vie reprend vite ses droits… J’avais écrit cet article sur le sujet au moment où je me suis vraiment pris le manque en pleine face quelques mois après l’arrivée : http://www.legrandbond.fr/2014/10/le-manque-sinstalle-et-moi-aussi/
    Un an après, je dirais que ce qui me manque le plus ça reste de ne pas avoir encore trouvé ici d’amis avec qui la relation puisse être aussi approfondie qu’avec mes amis (de très longue date) en France. Mais pour ça il faut du temps, tout simplement, ça vient, ça vient… 😉

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    • Oula oui, se refaire des amities quand on s’installe a l’etranger, c’est un vaste sujet! J’imagine qu’en plus, le fait d’etre expatriee dans un pays aussi different de la France en terme de culture et certainement de normes sociales (j’imagine en tous cas), doit rendre les choses encore un peu plus compliquees, au debut du moins. Je ne connaissais pas ton blog mais j’ai ma pause dej dans deux heures et demie donc j’irai certainement y jeter un oeil! 😉 Merci pour ton commentaire et a tres vite! 🙂

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      • D’une certaine manière le fait d’être loin et dans un pays dont tu maîtrisera peut-être la langue dans 150 ans ça simplifierait presque la tâche (j’ai dit presque) : tu fréquentes surtout les communautés expats, voire exclusivement française, avec qui tes affinités culturelles sont acceptables. Mais nous sommes d’accord ça ne suffit pas tout à fait à recréer en deux coups de cuillères à pot des amis intimes. J’attends beaucoup de ma deuxième année ici sur ce plan là, j’en donnerai des nouvelles 🙂

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  • C’est un très bel article, très bien écrit et très posé/refléchis. Personnellement, ça fait deux ans que je vis aux USA (côte ouest donc un peu plus loin/cher de la France). J’ai connu, comme toi un gros passage à vide quelques semaines après mon arrivée. J’envoyais beaucoup de nouvelles à nos proches, mais les retours se comptaient sur les doigts d’une main. Ca a été violent, mais j’ai vite rebondis et me suis recréé un cercle d’amis ici. J’étais pourtant convaincue qu’avec les moyens technologiques à notre disposition on pourrait garder de meilleurs contacts. Mais l’amitié est une relation à double sens, et quand les personnes en face ne font pas spécialement d’efforts, la relation se meurt. Aujourd’hui, je suis en contact « régulier » avec quelques personnes (doigt d’une main encore une fois).
    Pour ce qui est de ma famille, je ressens assez peu le manque dans l’ensemble, même si comme toi j’ai raté des mariages, des fêtes, des anniversaires… sans vraiment m’expliquer pourquoi je ne ressens pas ce manque… Ma maman et ma nièce sont venus 5 semaines cet été et c’était magique. Leur départ a été un déchirement… et puis la vie a repris son cours. Peut-être sais-je que je ne suis pas là « pour toujours », peut-être ma vie ici est tellement plus épanouissante que celle que j’avais en France.
    En tout cas, tu as tout à fait raison… il y a autant d’histoires que d’expatriés!
    (désolée pour le pavé)
    Bel découverte ton blog!

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  • Coucou !

    Joli article pour moi aussi qui écris bien souvent sur la « vie à l’étranger ». Je vis en France depuis plus de 13 ans, je suis Espagnole et je suis marié à un Français. Pomdepin et Fafa (que j’aime beaucoup et avec qui j’échange régulièrement, coucou les filles !) sont également des vraies connaisseuses d’une vie ailleurs.

    Toi et moi, d’après ce que je peux lire, partageons un point commun : nous vivons dans le pays du mari et ça, ça change encore la donne 🙂 ! Surtout dès le moment où on a des enfants et que tu es la seule à transmettre une culture, un pays, une langue. Les proches moi, ils me manquent toujours mais j’ai appris à vivre avec cette sensation et je peux t’assurer que les coups de fil, de WhatsApp etc. sont un très bon moyen pour se sentir tout près d’eux (parfois, j’ai l’impression de plus parler avec mes parents que d’autres amies qui n’ont jamais quitté le nid). Tu le dis très bien, chaque famille est différente, chaque personne a une histoire.

    Je ressens aussi un peu ce que Pomdepin dit « Ce qui m’énerve un peu, c’est que c’est à nous, ceux qui ont quitté la France de faire des efforts pour conserver des liens, le chemin est toujours à sens unique. » et en même temps je rejoins 100% Fafa quand elle dit « Bien sur je compte les jours à l’arrivée des vacances, et on s’écrit tous les jours avec ma mère, en fait j’suis une vraie fille-à-maman!!! » parce que je crois qu’en fait, mon éloignement (je suis partie à 22 ans en France pour des études) m’a rapproché davantage de mes parents que si j’étais restée auprès d’eux.

    Le plus important c’est de trouver un équilibre et de faire comprendre et dire clairement à ton mari que tu as besoin d’un câlin ou d’une sortie parce que tu es maussade !

    Bisous,

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    • Oooh ca me fait super plaisir d’avoir un petit commentaire de ta part! J’avais decouvert ton blog il y a quelques mois parce que je cherchais a savoir comment d’autres familles vivaient le bilinguisme, surtout avec des enfants (il est encore un peu tot pour moi mais je me projettes parce que je suis comme toi, la seule porteuse ma culture autour de moi et que je sens bien que transmettre ma langue et ma culture va peut-etre etre un challenge). Ton article m’avait rassuree. En plus je suis Nantaise d’origine donc forcement, ca aussi ca m’avait marquee! 😉 Pour repondre a ton commentaire, oui, c’est vrai que le fait de vivre dans le pays de mon mari, a certainement rendu l’adaptation plus facile: lui est deja integre ici, j’ai tout de suite eu une famille, des amis et tout le confort materiel sur place. Je manque un peu de recul pour savoir si mon eloignement me rapproche de ma famille ou non parce que j’ai toujours eu de bonnes relations avec mon frere et mes parents. On verra sur le long terme. Merci encore d’avoir laisse un commentaire ici! A bientot! Bisous

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  • Ton article tombe au moment où j’en ai commencé un sur ma pensée du moment, du coup il tombe bien ! Je me suis toujours dit que j’aimerais vivre à l’étranger. Je suis en Irlande depuis 2 mois en tant qu’aupair et je rentre dans 1 semaine et quelques. Je ressens pas vraiment le manque de ma famille, parce qu’on peut parler sur skype ou whatsapp. Le seul truc qui me fait peur, c’est finalement de ne pas vivre le quotidien auprès d’eux. Beaucoup de mes proches sont décédés dans un intervalle court (2 ans), et j’avoue que du coup maintenant j’ai peur de partir, de laisser les gens que j’aime et de ne pas pouvoir partager avec eux, de les voir « trop vieillir ».

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    • Oui en fait je crois que tu resumes bien la situation que beaucoup d’expats vivent: c’est-a-dire qu’au jour le jour, l’eloignement n’est pas difficile a vivre mais c’est plus sur le long terme et quand on pense au questions de la vieillesse, d’avoir des enfants qui grandissent, etc, que ca peut devenir un peu plus complique a gerer. Apres bon, on peut aussi tenter l’experience, voir comment ca se passe et dans la plupart des cas, il est toujours possible de rentrer s’installer en France si on n’est plus heureux a l’etranger (meme si bon, dans les faits, le retour n’est pas toujours simple a organiser mais c’est une autre histoire).

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  • perso, ça fait 7 ans que je vis de l’autre côté de l’Atlantique et l’éloignement avec ma famille a fini par peser de plus en plus lourd… alors j’ai décidé de rentrer définitivement. 😉 ne pas pouvoir aller à des mariages, c’était difficile, mais ne pas pouvoir aller à un enterrement à cause de la distance, c’est pire que tout. Mes parents commencent à atteindre un âge vénérable, j’ai envie de passer du temps avec eux avant qu’il soit trop tard…
    Je suis d’accord qu’on se construit une nouvelle vie ailleurs mais perso je trouve que ça ne peut pas remplacer ceux qu’on a laissés derrière. Après, chaque situation est différente, et dans ton cas tu as ta belle-famille sur place, ça doit être un sacré avantage 😉

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    • Merci ma belle pour ton temoignage. La naissance de nos futurs enfants et la vieillesse de ma famille sont les deux evenements que je redoute un peu et que je mets dans un coin de ma tete sans trop y penser parce que je ne sais pas comment je vais les gerer. Je comprends ton raisonnement, je ne sais pas si j’aurai le meme ou pas, on verra bien. Pour le moment, je suis epanouie ici donc je vis un peu au jour le jour. Et c’est indeniable que ma belle-famille est d’un soutien precieux. Surtout que j’ai la chance d’avoir d’excellentes relations avec eux. Je peux te demander au passage ou est-ce que tu habites/habitais aux USA (juste par curiosite)?

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      • je suis pas aux US mais au Canada 😉 ma fille est née il y a juste qqles mois et je confirme que c’est le genre d’événement qui peut faire remettre pas mal de choses en question… ou pas, on est tous différents 😉

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  • Je vis au Japon depuis 3 ans et je vis très bien l’éloignement. je ne suis d’ailleurs pas rentré une seule fois depuis mon départ et ne revoit que ma maman une fois par an lorsqu’elle vient et ai vu une fois une amie qui venait visiter le pays. le reste se fait par Skype et internet.
    J’adore ma famille et mes amis, je voyais les uns et les autres toutes les semaines mais je suis au final assez indépendante et comme la vie ici me plaît beaucoup je suis parfaitement heureuse comme ça. Malgré tout j’ai mauvaise conscience et il faudra bien un jour que je passe quelques jours en France, car on commence à me réclamer. Même si je sais que je vais devoir me forcer…

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    • Ah oui, c’est tres personnel! Moi ca fait un an et j’ai deja hate de rentrer en France! Ha,ha! Au final, je crois que ca me convient parfaitement de vivre aux USA a l’annee et de rentrer en France pour les vacances. Ca correspond bien a mon caractere et a mes projets de vie. J’imagine qu’en plus, quand on vit dans un pays comme le Japon, ou l’ecart culturel est plus important qu’entre la France et les USA, ce ne doit pas etre evident non plus de rentrer et de se reaclimater a la culture francaise. C’est cool en tous cas de voir que ton expatriation est une reussite! Merci pour ton temoignage! 🙂

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  • Dans ma famille ça a toujours été « pas de nouvelle, bonne nouvelle ». Je n’ai vécu que 5 mois à l’étranger mais ni ma famille ni mes amis ne m’ont manqués. Je les adore, c’est juste que je sais vivre sans eux. Quand on prend des nouvelles, les liens sont toujours aussi forts. Peu importe si on ne s’est pas parlé pendant 3 semaines ou 3 mois. Par contre, j’ai des amis pour qui il serait impensable d’aller vivre loin de leur famille.
    Et clairement, Skype et cie sont géniaux. Ça me permet de rester en contact avec mes amis internationaux. Finalement dans ton cas, comme tu dis, le cercle social s’agrandit. Je trouve ça plutôt génial 🙂

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    • Oui, c’est clair que ca depend vraiment des personnes! On est plus ou moins fait pour ca. En general c’est assez tranche d’ailleurs: il y a ceux qui adore les longs sejours a l’etranger et ceux pour qui c’est impensable! C’est assez rare de rencontrer quelqu’un entre les deux. Et c’est clair qu’aujourd’hui avec Whatsapp et compagnie, la distance est quand meme beaucoup plus facile a vivre qu’avant! 🙂

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  • Ton article est super intéressant. J’aime beaucoup avoir le point de vue d’un(e) autre expatrié(e) sur ce genre de questions. En ce qui me concerne, l’éloignement n’est pas dur du tout. D’une, j’habite en Angleterre donc l’éloignement est moindre ; si jamais j’ai vraiment besoin de rentrer en France, je peux le faire sans que ça me coûte un bras. De deux, je bosse dans une école anglaise donc même si je suis expat’ dans le sens où je n’habite plus en France, j’y retourne quand même au moins deux fois par an (pour Noël, mais aussi pour les vacances d’été). Ceci dit, les applications que tu mentionnes m’accompagnent également au quotidien, et il n’y a rien de plus sympa que de recevoir de petites photos des gens laissés derrière..
    A bientôt ! xx

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    • Merci Ophelie pour ce petit commentaire! C’est vrai que je pense que la principale difference c’est le confort de savoir que tu peux facilement rentrer en cas de besoin. Mais pour le reste, vivre de l’autre cote de la Manche, ou de l’autre cote de l’Atlantique, ca ne change pas grand chose je crois. Merci pour ton commentaire! Bisous.

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  • Hello !

    Merci pour ton article clair et concis 🙂 très passionnant. Je m’imagine aussi vivre une vie d’expat’ dans mes futures proches années. Je suis actuellement dans une relation à distance depuis deux ans maintenant et ce n’est pas près de se terminer. Vu l’évolution des choses, je suis plus que décidée à partir vivre ailleurs à la fin de mes études.
    J’appréhende le fait de devoir me séparer de mes proches (surtout ma famille) mais bon, je sais qu’ils s’y feront et que moi aussi. On apprend tous les jours à composer son quotidien. On fait de nouvelles rencontres qui nous rassurent et qui nous permettent de garder les pieds sur terre.

    xoxo

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    • Hello Sara! Oui au final, je pense que si tu es sure de toi et de ton choix de vie, la separation sera peut-etre difficile mais pas insurmontable. On s’adapte a tout, il faut juste se donner un peu de temps! Bon courage pour la suite! 🙂

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      • Merci !
        Eh oui, il faut se donner du temps et apprendre à s’ouvrir aux nouvelles cultures pour mieux s’enrichir.

        xoxo

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  • Je ne suis pas complètement d’accord, pour moi c’est un ressenti complètement individuel. Je pars pour un cinquième pays en six ans, certains étaient à 200 et d’autres à 20,000 km de distance et non, ma famille ne manque pas spécialement… . Ca fait un peu sans coeur de dire ça mais j’ai appris à vivre sans eux, et je les vois quand même plus souvent que des amis à Paris qui ont leurs parents en province. Chaque famille est différente !

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    • Oui, c’est vrai, tu as completement raison, le ressenti est forcement different d’une personne a l’autre. Tant mieux si tu vis bien la distance en tous cas! 🙂

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  • Très bel article très bien écrit, tu sais mettre les mots justes sur la situation que tu vis. Merci Marion pour cet article 🙂

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  • Hello,

    Tout d’abord très bel article (comme toujours), et merci pour le lien vers mon billet ;-). Tu sais il y a 4 ans avant de partir à Lagos j’ai flippé aussi , j’avais pourtant l’habitude de l’éloignement car j’étudiais dans le sud de la France et ma famille était à Paris, mais le fait d’avoir toutes ces heures d’avion qui nous séparent, ça c’était quand même une claque… tout comme toi, c’est surtout au début, quand je me suis sentie isolée ou quand j’ai eu des coups de blues que ma famille m’a vraiment le plus manquée. Pareil après la naissance de ma fille, j’aurai aimé avoir mes proches avec moi durant ces premiers mois difficiles… Mais en même temps c’était notre choix de vie, un choix assumé, et au fil du temps on s’y fait. Nos voisins (plus âgés que nous) ont été des grands parents de substitutions pour ma fille, c’est ça aussi l’expatriation, on se construit un peu une nouvelle famille ailleurs. Bien sur je compte les jours à l’arrivée des vacances, et on s’écrit tous les jours avec ma mère, en fait j’suis une vraie fille-à-maman!!! bisous!

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    • Merci Fafa! Oui, moi aussi j’avais vadrouillee un peu a l’etranger, quelques mois par ci, quelques mois par la mais la, je partais pour de bon donc effectivement, ca n’a rien a voir. J’imagine oui que la naissance de ta petite puce a ete un moment ou ta famille t’as manquee. Je ne sais pas comment ca se passera pour moi, on verra bien! Mais comme tu le dis, a partir du moment ou c’est un vrai choix de vie, reflechi, on rebondit vite! 🙂 Bisous bisous!

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  • Bel article. J’en ai parle aussi, en janvier…mais pour expliquer que justement, ça ne me manque pas! J’aime ma famille, mais j’ai toujours voulu aller voir ailleurs, par curiosité. Ce qui m’énerve un peu, c’est que c’est à nous, ceux qui ont quitté la France de faire des efforts pour conserver des liens, le chemin est toujours à sens unique. Est ce que ce serait la,même chose si on était parti a l’autre bout de la France? Il n’y a pas que la distance géographique, petit à petit s’installe une différence culturelle et une incompréhension par ce qu’on ne revient pas. Mais on apprend aussi à construire nos vies ailleurs, autrement en créer de nouveaux liens avec nos proches.

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    • Oui, c’est vrai, maintenant que tu le dis, je l’avais lu ton article! Je l’avais beaucoup aime parce qu’il etait tres positif et me rassurait un peu sur la maniere dont je peux envisager l’avenir. Je vais rajouter le lien parce qu’effectivement il est ecrit avec beaucoup de sincerite et que tu as plus d’experience de la vie a l’etranger que moi. C’est interessant. Merci de l’avoir mentionne. Je pense que la situation doit etre encore differente lorsque, comme toi, on a des enfants et donc que l’on se recree une famille a soi. Les priorites changent forcement un peu. Et comme tu dis, petit a petit, on cree de nouveaux liens avec nos proches, pas moins forts, juste differents. Merci pour ton commentaire! 🙂

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